Jan 20

Depuis les attentats de début janvier en France vous êtes nombreux à découvrir les livres d’Adrien Morel et je vous en remercie. Depuis six ans, j’ai publié six livres traitant des relations entre religion, civilisation, politique et même science. En prenant partie délibérément pour une laïcité revisitée à la lumière de ce que les sciences humaines permettent aujourd’hui de comprendre aussi bien de la religion que de la politique, la morale, ou la spiritualité.
J’affirme que le problème de notre civilisation est sa laïcité. C’est à dire la conception première de la laïcité, contemporaine idéologiquement des conceptions premières et surnaturalistes des religions dont elle prétendait se démarquer. Le résultat est là, dans cet affrontement d’obscurantismes. Il est temps que nous en sortions et je suis content de ne plus être seul à le penser. Vous trouverez le reste dans mes livres et je vous remercie de venir l’y chercher.

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Nov 24

Adrien Morel

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Dogmes, doctrines et théories

Vous trouverez ci-dessous le contenu d’un échange par mail qui a eu lieu entre le 13 et le 19 novembre 2014 entre Adrien Morel et les chercheurs de la Théorie de la Médiation.

N’ayant pas demandé l’autorisation des protagonistes, je ne publie pas leurs mails, uniquement les miens qui y répondent.

Premier mail, le 13 novembre 2014 :

Bonjour à tous,

Je rebondis sur la conclusion du mail ci-dessous de Jean-Claude (J’ai mis un peu de temps à réagir, ce n’est pas le plus récent):

Le dernier ouvrage de Marie-Claude Blais, Dominique Ottavi et Marcel Gauchet essaie par exemple de faire valoir, à sa façon, une position qui n’est pas très loin, à certains moments de la nôtre,sans avoir cependant le tranchant et la portée heuristique de la position que fonde une véritable déconstruction de la question.

Car cette conclusion renvoie à une alternative que je propose, dans mon livre « Sciences de l’Homme & Métiers de l’Humain », de traduire sous la forme d’une typologie des sciences. Cette typologie repose sur la systématisation du concept de « déconstruction ».

Ne me rappelant pas avoir jamais rencontré de définition de ce concept, ce qui est surprenant, étant donné l’importance de l’usage qu’en fait la théorie de la médiation, je vous en propose d’abord une définition, ne doutant pas que vous saurez la perfectionner, ou m’en faire connaitre une existante.

Déconstruction: abandonner, dans l’élaboration du savoir (plan III), les notions issues d’une doxa vernaculaire, qui établissent dans la réalité observable des unités et des identités renvoyant à des phénomènes nécessairement complexes et hétérogènes, pour leur substituer des unités et identités conceptuelles, établies par une démarche scientifique expérimentale qui identifie et autonomise, dans cette réalité, un ou plusieurs ordres (ou registres) homogènes de causalité.

A partir de là, voici le raisonnement:

La déconstruction est, dans le domaine du savoir, issue de la mise en œuvre par l’homme de ses capacités anthropologiques, pour élaborer sa réalité. A ce titre, la déconstruction n’est aucunement liée à un objet ou une dimension de la réalité. Elle est actuellement d’actualité dans les sciences humaines qui sont précisément sur le point d’y accéder, mais constitue une étape par laquelle toute science doit passer. Plus précisément elle représente, dans l’élaboration du savoir la dernière étape qui permet à une discipline d’accéder au statut de science, au sens plein et moderne du terme. Il est dès lors possible, dans tous les domaines, de distinguer des sciences « d’avant » la déconstruction et des sciences « avec » déconstruction de la réalité observable.

Elles se succèdent de la manière suivante:

Dans un premier temps, l’homme « explique » le monde avec ses religions qui constituent, à ce titre, les sciences (ou le savoir) de type I. Ce sont les dogmes.

Puis, assez vite, apparaissent les sciences de type II, qui décrivent la réalité observable, non déconstruite, à partir des notions de la langue et de la doxa. Ce sont les doctrines.

Longtemps après, apparaissent les sciences de type III, qui déconstruisent expérimentalement la réalité et produisent des concepts. Ce sot les théories.

Dans chaque domaine, ou registre de la réalité, ces types apparaissent successivement et progressivement au cours de l’histoire, du plus loin de l’homme vers le plus près. Les sciences de la matière, puis les sciences du vivant sont aujourd’hui à maturité, elles ont atteint le type III.

Remarquons qu’à l’intérieur de chacun de ces types peuvent se déployer des élaborations plus ou moins sophistiquées. Il existe une grande différence entre les cultes primitifs et les monothéismes, en ce qui concerne le type I, de même qu’entre le savoir de l’agriculteur préhistorique et celui du responsable d’un institut de sondage contemporain, qui dispose d’une méthodologie exigeante, en ce qui concerne le type II, mais ils appartiennent au même type.(Pour les commentaires, je vous renvoie à mes livres).

Car les sciences « de l’homme » en sont encore au type II: elles décrivent une réalité non déconstruite au moyen de notions empruntées à l’air du temps. Chacun a reconnu que les sciences humaines de type II sont les sciences sociales, avec tout le savoir qui les accompagne: psychologie, sociologie, économie, histoire,… mais aussi philosophie, etc. Ce mode de description et « d’explication » du monde qui aborde la réalité observable sans la déconstruire. L’élaboration philosophique des notions n’étant pas une déconstruction.

N’étant pas sorties de la doxa qui les précède (même si elles la perfectionnent) les sciences de type II sont les sciences de l’opinion. Les auteurs s’y répartissent en chapelles, en écoles, selon leurs choix théoriques et idéologiques, et y expriment, qu’ils le sachent ou pas, qu’ils le veuillent ou non, des opinions. Même s’ils accèdent à une certaine pertinence, ils sont, à ce titre, condamnés à ne pas avoir le tranchant et la portée heuristique de la position que fonde une véritable déconstruction de la question.

Car la déconstruction, en tant que mouvement (et moment) de sortie de la doxa qui la précède, est l’acte fondateur de la science (de type III).

En ce qui concerne l’homme, en attendant l’avènement de ses sciences de type III (anthropologie clinique), il continue à être appréhendé à partir des sciences de la croyance (type I, les religions) et des sciences de l’opinion (type II, les sciences sociales). D’où les difficultés actuelles de nos sociétés et civilisations. Quant à la pédagogie, par quelque bout qu’on la prenne, pour le moment, elle est et reste une science de type II.

Remarque: sémantiquement, les notions (de type II) peuvent être très proches des concepts (de type III), mais ils ne se définissent pas dans les mêmes logiques. Le concept ne résulte pas d’un perfectionnement de la notion. Le concept scientifique ne résulte pas d’un passage à la limite supérieure de la notion vernaculaire. Il existe entre les deux un saut qualitatif, un effet de seuil, du fait qu’ils n’appartiennent pas à la même génération scientifique. Les philosophes peuvent ainsi déployer tout leur talent et leur érudition, tant qu’ils raisonneront avec des notions ils plafonneront dans des sciences de l’opinion. C’est ce qui faisait dire à Gagnepain que, parmi ses élèves, il n’avait pas besoin de « génies », mais de gens qui utilisent le modèle.

Autre remarque: les neurosciences sont des sciences hybrides. Elles empruntent leurs méthodes et leurs outils aux sciences de type III de la matière et de la nature, respectivement physique, chimie, et biologie, mais les mettent au service d’une problématisation empruntée aux sciences sociales, donc de type II. Le niveau de scientificité des neurosciences est celui de leur maillon faible, les sciences sociales. Les neurosciences sont des sciences molles. Jean-Claude Quentel nous l’a montré, c’est sa problématisation qui définit le niveau de la science.

Je précise que j’oppose ici la croyance / la notion (ou opinion) / et le concept – définissant respectivement les sciences de type I, II et III – dans le registre du savoir (plan III), à ne pas confondre avec la définition du concept au premier plan (peut être que j’aurais pu choisir un autre vocable).

Enfin, il se trouve que dans le tome 1 de « Sciences de l’Homme & Métiers de l’Humain », c’est précisément à partir de l’opposition entre l’Histoire du sujet de Marcel Gauchet et la Théorie de la Personne, de Jean Gagnepain, telles que présentées dans l’ouvrage collectif que vous connaissez bien: « Histoire du sujet et Théorie de la Personne », que j’illustre la différence entre les sciences de type II et III. Marcel Gauchet est intéressant pour illustrer la manière dont l’élaboration asymptotique d’une notion ne franchit pas, et ne peut pas franchir, le « pas de sens », pour paraphraser Lacan (au sens du Pas de Calais) qui la sépare du concept issu de la déconstruction. Dans quelque domaine qu’il s’exprime, étant donné la génération de science à laquelle il recourt, le philosophe, comme le sociologue ou le pédagogue, est ainsi condamné à rester en dessous de ce fameux plafond de verre des sciences de type II (pas uniquement sociales).

Voilà, en vous remerciant de votre attention, j’espère avoir donné à certains d’entre vous l’envie d’aller voir de plus près ce que je tire de cette typologie dans les trois tomes du livre susmentionné. (Et pour rester dans le droit fil de cette liste, vous y trouverez même, dans le tome 3, un commentaire du livre de Christopher Lane : « Comment la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions », que Jean-Claude vient de nous rappeler entre temps).

Bien à vous,

Adrien Morel

Second mail, le 15 novembre 2014 :

Bonjour,

Merci de vos réponses.
Je vous précise que j’adhère totalement au rappel que vous faites très brillamment de la déconstruction (Cf. Le mail ci-dessous de G-L G). Si je vous comprends bien, ce que l’on déconstruit, c’est « le sens commun ». Mettons que votre « sens commun » se rapproche de mon « savoir vernaculaire ». Nous sommes donc d’accord et par conséquent ceux qui ne le déconstruisent pas restent donc prisonniers de ce sens commun.

Ceci étant posé, je n’envisage aucune explication par origine. Simplement les « sciences », là aussi au sens commun du terme, sont nées au cours de l’histoire et nous devons rendre compte (pas Comte) de cette élaboration historique. Personne ne peut contester que le savoir se capitalise. Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain, ni par l’intervention d’un déterminisme extérieur à l’homme, mais cette capitalisation est passée par des étapes, que nous pouvons caractériser à partir de l’identification des processus anthropologiques qui les ont causées.

Quand vous écrivez: « Tout est fonction d’un modèle », quelqu’un est l’auteur de ce modèle et d’autres auteurs ne le partagent pas.
Par ailleurs, si ce « modèle (est) calqué au plus près possible de ce que l’on postule comme étant le processus même de la rationalité », il s’oppose ainsi à d’autres modèles qui ne sont pas calqués d’aussi près.
Aujourd’hui, ayant été formés par celui qui a découvert ce « critère de référence » que vous évoquez pour les sciences humaines, nous sommes contemporains, dans toutes les disciplines qui sont citées sur cette liste (par exemple la pédagogie), d’auteurs qui ne mettent pas en œuvre ce critère de référence. Il s’agit par conséquent de tirer toutes les conséquences de l’existence de ce critère. Que penser de ceux qui l’ignorent? Et quel statut donner à leurs productions? On ne peut pas à la fois revendiquer la déconstruction et faire révérence à ceux qui s’en passent. Nous devons au minimum définir le type de pertinence dont nous les créditons le cas échéant. Dans le cadre d’une activité scientifique, leur production ne peut pas avoir le même statut que celle qui est passée par les contraintes du « protocole » de déconstruction.
C’est l’introduction du critère de déconstruction qui discrimine ceux qui le respectent et ceux qui s’en moquent. Nous nous devons de rendre compte de cette différence. Il n’y a rien là qui puisse choquer un médiationniste.

Je propose dès lors simplement de considérer que la découverte ou l’invention de ce « critère de référence » est l’acte fondateur d’une discipline scientifique.

Invention par rapport à laquelle il existe un avant et un après. Dans chaque domaine de la Science, il existe des disciplines d’avant la découverte du « critère de référence » (je peux toujours vous citer l’alchimie) et des disciplines d’après la découverte du (ou d’un) critère de référence. Voilà pourquoi je propose de les classer dans des types différents: Type II, les disciplines d’avant la découverte du critère de référence (ou qui n’en tiennent pas compte). Ce sont les sciences de la notion. / Type III, les disciplines d’après la découverte du critère de référence (donc qui déconstruisent). Ce sont les sciences du concept.

Et si l’un précède historiquement l’autre, c’est pour des raisons qui sont strictement d’ordre anthropologique, liées à la production par l’homme de son savoir sur lui-même et le monde qui l’entoure: le « sens commun » précède la déconstruction. Autrement dit, le « dévoilement de l’illusion référentielle », que vous évoquez dans votre mail, se fait par étapes au cours de l’histoire humaine. On commence par croire, puis on essaye de se faire une opinion, et enfin on déconstruit.

Quant à leur séquence, elle correspond à un décentrement progressif, mais je vous livre ceci sous forme d’hypothèse.

Bien à vous

Adrien Morel

PS: Je viens de recevoir le mail de R. L. L sur les sciences cognitives. On n’est pas devant des sciences de type II là?

Troisième mail, le 18 novembre 2014 :

Bonjour à tous et merci de vos contributions.

(Vous trouverez en pièce jointe un exemplaire pdf de ce mail)

Certes la foi était pour lui éminemment rationnelle, et même 4 fois rationnelle, mais c’est Jean Gagnepain lui-même qui a exposé la succession, dans le savoir, de la religion puis des sciences. Dans son séminaire consacré à « l’anthropothéologie », je crois que c’était en 1981, il explique ainsi la Renaissance :

D’abord la première Renaissance, celle  de nos livres d’histoire, par la naissance des sciences de la nature, qui ont retiré à la religion un pan entier de la « réalité » qu’elle expliquait jusque-là : la nature.

Puis la seconde Renaissance, qui se déroule sous nos yeux, par la naissance des sciences humaines, qui vont retirer, ou sont en train de retirer, à la religion ce que les sciences précédentes y avaient laissé : l’homme.

Ce que je formule quelquefois dans l’autre sens, en écrivant que Dieu est l’objet des sciences humaines. Ce qui inclut précisément toute la complexité de l’anthropologie et de sa conversion transcendantale.

C’est  donc Jean Gagnepain lui-même qui a introduit cette succession de la religion puis de la science et même le décalage historique entre les sciences de la nature, puis de l’homme. On peut évoquer le « changement d’épistémè » de Michel Foucault, ou même  « l’horizon de significativité » cher à Gilbert Durand. (J’emprunte ces références à « La fin d’un monde ? ») Pourquoi pas.

A cette succession (dans le savoir, j’insiste) de la religion puis des sciences, établie par Gagnepain, j’articule simplement, dans les sciences, le critère de déconstruction, également établi par lui, qui les discrimine.

Il peut être éclairant pour les médiationnistes de réaliser que cette séquence n’est pas spécifique à la TdM, y compris la « déconstruction ». Il s’agit du cheminement commun des sciences, lequel, en ce qui concerne l’élaboration des disciplines est historique. Au point effectivement de ne s’être déroulé tel quel que dans une configuration civilisationnelle particulière. La logique de cette succession ne constitue en aucun cas une nécessité, par laquelle auraient dû passer toutes les sociétés humaines.

Cela étant, la succession des deux premiers types correspond à une décentration.

Dans le type I, l’homme explique le monde en projetant sur lui sa propre subjectivité. C’est la variété des modélisations de la personne qui créée la diversité des civilisations. La dimension implicite de la personne y est prise en compte très tôt, puisque c’est elle qui donne lieu à la création du « Surnaturel ». Pour y situer la source de ce déterminisme auquel l’homme est soumis et qui ne trouve pas sa place, ni son fondement, dans la nature. Même pas la nature de l’homme. Ce déterminisme est donc situé hors d’elle, et même au-dessus d’elle, dans une sur–nature. Ce que je formule quelquefois en écrivant que le surnaturel, c’est l’inconscient.

Les sciences de type II amorcent une désubjectivation du monde. Progressivement l’homme retire sa psychologie du monde et y découvre des règles. Il découvre, dans la réalité, des régularités qui ne semblent pas soumises à des humeurs. A commencer par les cycles des planètes et de la vie dont l’observation constitue les premières sciences de type II. Poursuivant cette désubjectivation, les sciences de type II cherchent à atteindre une « objectivité ». Jusque dans les sciences sociales contemporaines.

Pour ce qui est des autres civilisations, j’aurais tendance à les cantonner dans les types I et II, mais après tout peut être que l’on découvrira d’autres types.

Et il est clair que la TdM est parfaitement capable de rendre compte de la diversité empirique  des façons de penser, puisqu’elles sont rationnelles. Quitte à ce que l’on s’appuie sur des notions empruntées à Michel Foucault, ou à d’autres. A certains égards, la notion, si elle est pertinente, peut précéder le concept. C’est ce qui permet, aux chercheurs que vous êtes, de faire en permanence référence dans vos travaux, à des auteurs non médiationnistes. Mais cela suppose et nécessite de les conceptualiser (déconstruire).

Et pour répondre à M. L. : si vous réservez le concept de déconstruction aux processus, c’est l’invention du critère de référence qui sert de point d’articulation entre un avant un après. En général on emploie l’un pour l’autre.

Dans le type III, chaque science nait donc avec son critère de référence, qui s’appuie sur la définition dans la réalité  d’un référentiel. C’est-à-dire d’un ordre, une dimension, un registre, que cette science identifie et autonomise dans la réalité globale, complexe et hétérogène. Aujourd’hui nous connaissons les sciences de la matière, les sciences du vivant et il est question des sciences de l’homme. Chacun de ces registres constitue une dimension de la réalité.

Dans le cadre des sciences de type I, qui constitue la première étape de toutes les civilisations, c’est la religion qui définit cette réalité avec ses différentes dimensions. Homme, / nature / surnature : chaque configuration (unités et identités) définit une civilisation.

A partir du type II, ce sont les sciences qui définissent ces entités et identités. D’abord en termes notionnels, puis avec les sciences de type III en termes conceptuels. Avec le type III ce sont les référentiels définis par ces sciences qui constituent les dimensions, ou catégories, ou registres, de la réalité.

Cette typologie n’est pas commune à tous les hommes mais propre à chaque civilisation. Elle concerne l’ontologie, c’est-à-dire le système spécifique à une civilisation d’institution de l’existant. Ou plutôt devrais-je écrire de structuration de son Instituant. Là encore je vous le livre comme hypothèse.

Toute modification de ce système, comme l’apparition d’une nouvelle science, ou d’un nouveau type de science, introduit dès lors une modification dans la structure, qui provoque une mutation / articulation dans cette civilisation. Chaque modification de la structure provoque une mutation de la civilisation. Gagnepain en cite deux principales, articulées par une période de chambardement pour laquelle il conserve le vocable  de Renaissance. La période d’entre deux, où l’ancienne structure se délite avant d’avoir été remplacée par la suivante, est caractérisée par une défaillance, ou un affaissement ou affadissement (pour citer J.Y. D et J.F. G) du pôle instanciel.

La crise actuelle est particulièrement grave, parce que les Sciences sociales (Type II) sont incapables de prendre en compte le surnaturel. Les religions, sciences de Type I, qui structuraient jusque-là l’implicite (surnaturel) ont été disqualifiées et les sciences de Type III qui conceptualiseront cet implicite sont encore balbutiantes et marginales.

Par conséquent, la diffraction de ces trois types sur les différents registres de sciences connus rend  compte des différentes étapes de notre civilisation. Soient les différents états successifs de la structuration ontologique de son Instituant par notre civilisation.

Pour ma part, ce que j’explore, ce n’est pas tant le modèle lui-même de la TdM, que l’usage que l’on peut en faire. Je me passionne surtout pour le formidable bond en avant civilisationnel que nous sommes en droit d’attendre de la naissance de sciences humaines de type III.

Cela passera en particulier par tous les métiers où les sciences de Type III vont se substituer aux sciences de l’opinion : politique, éducation, santé. Soient tous les métiers concernés par l’humain (D’où le titre : « Sciences de l’Homme & Métiers de l’Humain »). Sans oublier que nous devons également « Sauver l’homme ». Pour faire référence au troisième chapitre de « Du vouloir dire III ».

Pour cette raison, dans mes livres je me présente plutôt du côté des sciences appliquées, par différenciation avec les sciences fondamentales au développement desquelles vous œuvrez en tant que chercheurs. Je fais donc partie de vos premiers clients. C’est de vous que j’attends mes concepts.

Amicalement

Adrien Morel

Quatrième mail, le 19 novembre 2014 :

Bonjour J.C.,

Merci de m’avoir répondu. D’autant que je constate avec plaisir que nous sommes d’accord sur (presque) tout.

1/ La foi:
Je commente très largement la foi dans mes livres, précisément pour affirmer la nécessité d’une interprétation et d’une compréhension commune, croyants et athées, aussi bien de la science que de la religion.
Je n’envisage en aucun cas la disparition de la religion (ni de la foi). Son changement de statut certainement.
Gagnepain a entrepris cette démarche extrêmement ambitieuse d’appréhender rationnellement le phénomène religieux et de l’associer à la rationalisation qu’il propose également de l’humain. Cette approche est géniale. Aussi bien de l’homme que de la religion. Je sais que lui-même était croyant et je n’ai aucune intention de heurter les croyants. Cependant chaque « science  » qui nait modifie la compréhension et l’interprétation que l’on peut faire du dogme. Et spécialement les sciences humaines, étant donné précisément le lien entre l’homme et Dieu.

Donc:
– Les croyants vont progresser considérablement dans la compréhension et la rationalisation de la religion et des phénomènes religieux, grâce à la Tdm. Étant toujours croyants ils en auront une interprétation moderne, rationnelle. Ils ne sont pas condamnés à demeurer dans la superstition et l’obscurantisme. Les croyants le seront à l’épreuve de l’anthropologie.

– Cela ne nous dispense pas d’étudier les différentes dimensions de la religion, et de le faire ensemble, croyants et non croyants. Prendre en compte la dimension structurante civilisationnelle de la religion n’est pas susceptible de choquer les croyants. Comprendre la relation intime entre la religion et l’homme, qui amène les hommes à élaborer leurs religions à partir de la conception qu’ils se font de leur propre anthropologie non plus. Dieu est en l’homme, c’est pour cela que l’anthropologie l’y retrouve. Et ceci que l’on soit croyant ou pas.

– Si j’ai bien lu M. C. B, le Christianisme n’est pas un théisme. La représentation humanoïde de Dieu sous l’apparence d’un individu est pratique pour l’iconographie mais pas conforme à la théologie.
Il est vrai qu’un schéma représentant 4 plans x 2 faces x 2 axes serait moins parlant pour les croyants, mais il serait plus conforme à une représentation anthropomorphique de Dieu. Autrement dit, les croyants continueront à croire en Dieu, même quand ils l’auront déconstruit. De ce point de vue, Gagnepain a montré l’exemple.
Au moins les Chrétiens. Mais nous raisonnons à l’intérieur d’une civilisation et Jean Gagnepain se présentait comme un « penseur chrétien ».

2/ « La religion n’est plus le principe explicatif du fonctionnement des sociétés », je n’ai rien à y redire, même si c’est Marcel Gauchet qui l’a écrit.
Quel est alors, depuis, le « principe explicatif du fonctionnement des sociétés »?
Sinon les Sciences de l’opinion, avec ou sans grand récit. (Que l’on parle de Marx ou des écologistes).
Quelle est la rationalité – logique et non pas historique – de cette séquence?
Sinon la succession: Science de Type I (religion) / Sciences de Type II (opinion). Soit une décentration ontologique.

En fait, je crois que ce qui vous aveugle, c’est de croire que toute succession historique trouve (ou cherche) son origine dans l’histoire. Ici il s’agit d’un fait de civilisation et sa causalité est ontologique. Il y a certes un très grand décalage entre l’apparition de l’humanité et sa sortie du type I mais c’est, strictement, une séquence d’ontologie.

3/ A propos de cette séquence:
Dans un premier temps la religion explique le monde.
Puis chaque science rompt avec le transcendant pour affirmer son immanence.
L’ensemble de ces ruptures prend la forme d’une succession historique: d’abord les sciences de la nature (physique), qui ont précédé les sciences de la nature (biologie) qui elles-mêmes ont précédé les sciences humaines.

Je n’ai rien à y redire, d’ailleurs je n’écris rien d’autre.

Conclusion:
Il suffit d’ajouter le critère de déconstruction par-dessus pour que tout cela se mette en place.
Marcel Gauchet s’exprime en philosophe, ce que Gagnepain appelait « parler la bouche pleine », là où je m’exprime dans les termes conceptuels d’une science de type III:
La Théorie de la Médiation.

Amicalement

Adrien Morel

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Déc 31

Texte extrait de Sciences de l’Homme & Métiers de l’Humain

tome 3 : Du général à l’universel

L’intégrisme est la conception de la morale fondée sur la réduction de l’homme à son instinct. Le totalitarisme est la réduction de la société à la fourmilière ou à la ruche. Les deux ont en commun la négation, la perte, de la dimension culturelle de l’humain par sa réduction à une conception naturelle, animale, de l’homme.

La nature et les sciences de la nature, dont nous avons vu que la surnature est le corollaire, déterminent, quand on les prend comme référence pour organiser les sociétés humaines, des sociétés totalitaires. Un ordre rigide, im­muable, réactionnaire, accessoirement masculin, et qui se pense éternel, d’autant plus qu’il se veut fondé sur des lois qui précisément prétendent dépasser la logique et la légi­timité humaine, en étant d’origine soit « naturelle», soit « surnaturelle ».

Face à cette logique totalitaire, les sciences de la culture, qui prennent en compte la dimension spéci­fique de l’homme, en la sortant de la nature et en la retirant à la surnature, introduisent la relativité et l’historicité.

Positivisme, intégrisme, et totalitarisme ont en com­mun la réduction de l’homme à une dimension naturelle, à une logique naturaliste. L’intégrisme étant la conception positiviste de la morale, et le totalitarisme la conception positiviste de la société.

Toute conception naturaliste de l’homme à l’époque des sciences de la culture est, par définition, anachronique et rétrograde. Car elle passe à côté de ce qui constitue, caractérise et définit l’homme.

De là l’intérêt et la nécessité de dissocier les niveaux, nature et culture, et les sciences qui en traitent. Malheu­reusement, l’humanisme n’en est pas encore là. Pour l’es­sentiel, l’humanisme est encore très naturaliste. En ce qui concerne les droits de l’homme, par exemple, on parle encore de « droits naturels ». cf. également ce que nous avons évoqué à propos de l’intelligence, en tant que capacité supposée « naturelle », avec tous les préjugés que cela implique, dans sa définition, comme dans sa « mesure », etc., avant même de l’avoir rencontrée.

Les excès et les dérapages pseudo scientifiques de tous les tyrans du XXe siècle, qui ont cherché à bâtir, au nom de la science, qui un « homme nouveau », qui une « race supérieure », ont dé­tourné les humanistes de toute velléité authentiquement scientifique, dans la recherche d’une compréhension de la dimension culturelle de l’humanité.

C’est dommage. Car faute d’avoir jusqu’à présent théori­sé la nécessité d’un changement de registre scientifique pour accéder à la compréhension de l’humain, l’huma­nisme est resté prisonnier d’un antiscientisme primaire.

L’humaniste bon teint ne veut plus entendre parler de « sciences humaines ». À la rigueur de sciences sociales, descriptives et relativistes.

Paradoxalement, les sciences de la nature sont consti­tuées, par les humanistes, comme le modèle de la science. Et l’homme, dans la dimension culturelle qui caractérise son humanité, est considéré comme échappant à toute ap­proche scientifique. L’humanisme consacre ainsi dans la science le triomphe du naturalisme. Complété, en dehors d’elle, par une théologie ou une philoso­phie qui produisent essentiellement de la morale. Le som­met de l’humanisme étant localisé dans la philosophie des lumières, l’humanisme, dans sa conception de l’homme, est resté arrêté au XVIIIe siècle.

Du coup, les freins étant bloqués, et ne croyant plus dans un progrès social qui viendrait de la science — à juste titre, celle-ci étant confondue avec les sciences de la nature — l’époque a jeté l’éponge et abandonné le combat scien­tifique sur un arrêt du match.

Cet arrêt constitue la panne actuelle de la société occidentale. Au-delà des sciences de la nature, point de science. Chacun pense ce qu’il veut et comme il peut. La place est donc libre pour le retour des idéologies les plus rétrogrades, dans le domaine politique comme religieux.

À défaut de sciences de la culture, l’humain est donc abordé par la conjonction de la biologie pour la dimension naturelle et des sciences sociales pour le reste. Biologie et sciences sociales se rencontrent dans la médecine. Où la politique et la morale reviennent discrètement sous une forme naturaliste et édulcorée, à travers l’humanitaire et la santé. L’humanitaire, c’est la politique vue par les méde­cins, qui interviennent sur les lieux où l’intégrité physique des personnes est menacée. La santé, c’est la morale vue par les médecins. Au nom de laquelle on ne doit pas manger ceci, fumer ou boire cela, ni conduire au-delà d’une certaine vitesse.

Pour le reste, débrouillez-vous. Chacun fait comme il peut et on ne croit plus en aucun système.

Dans la fin de cycle de la civilisation que nous vivons actuellement, cet arrêt de la science dans sa forme du XVIIIe siècle, postulé par l’humanisme est objectivement obscurantiste.

Je considère les sciences de la culture, telles que l’an­thropologie clinique les définit, comme une alternative et une issue pour remettre en route et la pensée et la civilisa­tion.

Suite page 147

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Déc 21

Ce texte est le préambule

au tome 2 de « Sciences de l’Homme & Métiers de l’Humain »

qui est sous titré « De l’empirie à l’ingénierie »

Méthodes et concepts

J’ai consacré le tome 1 de ce livre à le démontrer mais je ne suis pas certain d’avoir écrit explicitement ce qui suit pour mon lecteur.

Les sciences de type II, sciences de la règle et de la méthode, se calfeutrent derrière le strict respect d’un formalisme méthodologique qui leur donne l’illusion de la science, mais ne les guérit pas d’être des sciences de la notion et de l’opinion. Elles produisent de l’idéologie.

Ce formalisme est simultanément un indice d’appartenance corporatiste. Il signe l’appartenance à la corporation des professionnels de la science. Ceux, universitaires, chercheurs, etc. qui socialement peuvent prétendre que leur propos est scientifique. Même, précisément, quand ils produisent de l’idéologie.

Le jour où l’on dispose d’une science de type III on peut, simplement en s’appuyant sur des concepts ou des oppositions conceptuelles fondées  expérimentalement par la science de type III, proposer un raisonnement qui, sans s’embarrasser de ces méthodes, se pose à un niveau de scientificité supérieur à la totalité des productions de type II. En d’autres termes, n’importe quel ouvrage de vulgarisation sur la chimie dispose d’un niveau de scientificité supérieur à la totalité des productions de l’alchimie.

Je le démontre et l’illustre dans mes livres en ayant choisi, délibérément, l’indiscipline à la fois méthodologique et corporatiste pour m’adresser à un lecteur ouvert et libre vis-à-vis duquel, par contre, je ne cède pas sur la validation expérimentale des articulations conceptuelles sur lesquelles s’appuie mon raisonnement. Ceci permet, en toute simplicité, à mon propos de se situer à un niveau de scientificité supérieur à celui de la totalité des sciences sociales, soit à ceux qui font, avec méthode, métier de les produire. Voila ce que signifie, le passage des sciences de type II aux sciences de type III. Dans le raisonnement, le concept (de type III) disqualifie la méthode (de type II). En permettant d’atteindre un niveau de pertinence plus élevé.

Cela ne dispense pas, évidemment, les chercheurs de type III qui produisent expérimentalement ces concepts de le faire en respectant la méthodologie expérimentale (qui ne se réduit pas à la méthodologie descriptive des sciences sociales).

Grace à quoi, j’aborde des sujets aussi essentiels que la science ou la religion en prétendant en remontrer aux doctes, de type I et II, qui en font jusque là leur chasse gardée. Je n’y revendique aucun mérite, j’ai simplement rencontré avant eux une science de type III.

Cela dit, au lieu de se draper dans les lieux communs, préjugés, des sociétés contemporaines, sous prétexte qu’ils sont institués, nos doctes auraient pu essayer de penser, de réfléchir, de comprendre. Evidemment, il est plus facile et plus confortable de faire carrière en tant que docteur de l’académie plutôt que d’être le découvreur qui révolutionne l’académie. Celui-ci ne jouit bien souvent qu’à titre posthume, le jour où le tout monde a oublié les docteurs qui étaient ses contemporains.

N’étant pas fondateur de cette science de type III, plus modestement, par mon indiscipline j’amorce sur les sujets qui me semblent essentiels, une science appliquée, sans attendre l’échafaudage académique qui va la soutenir. Ce que faisant, je créée un métier qui me tient à cœur, celui d’ingénieur en civilisation. Et j’estime que cela passe par le fait de proposer au citoyen des sociétés modernes une manière moderne de penser sa société. Pour refaire le monde, on doit proposer au citoyen qui y vit une autre manière de le penser. Voilà pourquoi j’écris pour le citoyen, pas pour l’académie.

Enfin, puisqu’il est ici question de méthode, nous allons dans les pages suivantes découvrir à quoi nous en tenir sur la méthodologie des dites sciences sociales, en même temps que sur la pertinence des chercheurs qui avec elles formatent ceux qui nous gouvernent… Nous allons ainsi découvrir l’écart très concret qui sépare l’empirie de l’ingénierie.

écrit par Adrien Morel \\ tags: , ,

Juin 22

Différents aspects des zyban best price zyban without prescription relations entre la religion et l’histoire

(Extrait des pages 292 à 294 de Dieu & l’Homme, d’Adrien Morel).

Les religions traitent d’anthropologie, mais les églises, qui les interprètent sont nécessairement inscrites dans une société et dans une époque et à ce titre évoluent dans une dimension politique.
De ce fait, l’anthropologie, la politique et leurs rapports sont l’objet de différentes interprétations, à partir desquelles il est possible de définir des partis religieux. Plus précisément, la définition de ces partis se réduit en dernier lieu à leur conception de la surnature (ou de la transcendance).
Cela nous permet de distinguer sur les questions de religion des positions réactionnaires et progressistes. Ou, pour l’écrire autrement, une droite et une gauche :
A partir de leur conception de la surnature, nous définissons ainsi, indépendamment de la religion, une droite et une gauche. Peut être même des religions de droite et des religions de gauche.

Les éléments de cette alternative sont récapitulés when first, general decisions, afferent as following dosage, importance elements, rural half-life result or eligibility are not caused and prednisone online paypal dans le tableau ci-dessous.

Dans la colonne de gauche nous trouvons le dogme avec les deux aspects de son élaboration et de sa vérité. Dans les autres colonnes, les positions respectivement de la droite et de la gauche sur ces deux aspects.
Sur la ligne du bas les conséquences de ces positions sur les possibilités d‘évolution historique des religions.

Dogme Droite Gauche
Elaboration transcendante historique
Vérité historique transcendante
Evolution possible +

Pour la droite : le dogme résulte de l’élaboration transcendante (hors histoire, révélée) d’une vérité historique.
Pour la gauche : le dogme résulte de l’élaboration historique (par les hommes) d’une vérité transcendante (hors histoire : anthropologique).

Gauche: admettre la dimension historique de l’élaboration du dogme c’est admettre qu’elle est d’origine humaine et surtout à partir de là, qu’elle peut continuer à évoluer.
Droite : la refuser c’est vouloir enfermer le dogme dans un état figé, arrêté une fois pour toutes à une époque historique érigée en canon.

Droite : vouloir mettre la vérité dans l’histoire, c’est refuser toute contradiction, tout écart, entre vérités historique et dogmatique. Cela condamne le dogme à exploser dès que les découvertes historiques le remettent en cause : virginité de Marie, fratrie de Jésus, descendance de Jésus, etc.
Gauche: mettre la vérité hors de l’histoire, c’est rechercher sa dimension anthropologique. Atteindre l’universel de l’homme, au delà de ses avatars et relativités historiques. Surtout : indépendamment de la façon pseudo historique dont la présente le dogme, interprétée comme une métaphore.

Pour nous, la transcendance est avant tout une opération logique d’abstraction. Cette opération dissocie la surnature, de la nature et de l’histoire. Pour aboutir à définir la surnature comme un registre indépendant. Transcendant par rapport à la nature et à l’histoire. C’est à dire hors d’elles et au dessus d’elles. En théorie, ces trois registres n’ont donc pas à order online at usa pharmacy! sildenafil dapoxetine cheap. cheapest rates, buy dapoxetine online . se rencontrer, ou tout au moins n’ont pas à se confondre.

C’est donc tout simplement à partir de leur conception de la surnature, et de ses relations avec les deux autres registres, nature et sep 10, 2011 – buy zoloft 100mg cheap – zoloft tinnitus – discount zoloft from india . de mil libros del click here to buy zoloft online ! cheap zoloft  histoire, que nous pouvons définir, indépendamment de la religion, cette droite et cette gauche. Et même des religions de droite et des religions de gauche.

La droite se caractérise en ne menant pas jusqu’à son terme cette opération d’abstraction. Dans son interprétation, la surnature reste engluée à la fois dans la nature et dans l’histoire. La droite conserve en effet, comme nous l’avons vu dans les chapitres précédents, une conception naturaliste de la morale et historique de la vérité.
L’interprétation réactionnaire de la religion s’arrête ainsi en route et faute d’avoir abstrait la surnature, la chosifie. Tout en la laissant prise dans des lambeaux de nature et d’histoire. Aboutissant à cette conception à la fois surnaturelle de la religion, et réduisant l’homme à son animalité, en verrouillant toute historicité du dogme.

A l’inverse, l’interprétation que je qualifie de progressiste pousse jusqu’à son terme l’abstraction de la surnature et l’autonomise ainsi complètement de la nature comme de l’histoire.
La surnature ainsi considérée est prête pour le changement de paradigme autorisé par les sciences de la culture qui nous fait la réinterpréter comme un au delà de la conscience et non plus un au delà du monde. En se réduisant aux processus de la culture, la surnature à son tour s’incarne en l’homme. Doit-on interpréter autrement l’incarnation de Dieu en l’homme ?
Le monde surnaturel disparaît alors au profit d’un monde humain et uniquement humain, commun à ceux qui croient et à ceux qui ne croient pas. Pourvu qu’ils partagent cette logique d’abstraction qui leur fait rechercher la vérité de l’homme dans un au delà de sa nature, de son histoire et de sa conscience, qui n’est plus au delà de lui.
La différence entre croyants et non croyants repose alors sur le statut ultime que l’on donne à cette vérité. Mais la vérité est la même. Dans tous les cas anthropologique.
Ne reste comme acte de foi pour le croyant que le postulat de la conscience inconnaissable du Dieu architecte à laquelle il peut décider de rendre grâces. Tout le reste entre dans le cadre d’une approche par les sciences de la culture.

Voila en quoi l’avènement de ces dernières inaugure une nouvelle ère pour les religions. En permettant à l’exégète, croyant ou pas, de s’affranchir des métaphores et de les réinterpréter. De définir leur portée (anthropologique, non naturelle, non historique), d’enrichir leur compréhension, leur transmission, leurs buy cialis online from an official certified pharmacy, overnight shipping, exclusive & competitive discount prices, express shipping & discrete packaging. commentaires. D’abandonner le théisme, la superstition et l’obscurantisme médiéval.

écrit par Adrien Morel \\ tags: , , , ,

Juin 11

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écrit par Adrien Morel \\ tags:

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écrit par admin \\ tags:

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écrit par Adrien Morel \\ tags:

Nov 09

Vous trouverez ci-dessous un lien vers l’interview d’Adrien Morel diffusée dans l’émission Religions du monde sur RFI le 7 novembre 2010 et que l’on peut écouter sur le site de RFI à cette adresse:

http://rfi.my/9RX5sT

Dans cet entretien, Adrien Morel développe la thèse suivante:

Et si l’athéisme n’était pas la fin de la religion mais best prices for all customers! buy dapoxetine in usa. next day delivery, dapoxetine online australia. sa forme la plus aboutie ?

écrit par Adrien Morel