Déc 21

Ce texte est le préambule

au tome 2 de « Sciences de l’Homme & Métiers de l’Humain »

qui est sous titré « De l’empirie à l’ingénierie »

Méthodes et concepts

J’ai consacré le tome 1 de ce livre à le démontrer mais je ne suis pas certain d’avoir écrit explicitement ce qui suit pour mon lecteur.

Les sciences de type II, sciences de la règle et de la méthode, se calfeutrent derrière le strict respect d’un formalisme méthodologique qui leur donne l’illusion de la science, mais ne les guérit pas d’être des sciences de la notion et de l’opinion. Elles produisent de l’idéologie.

Ce formalisme est simultanément un indice d’appartenance corporatiste. Il signe l’appartenance à la corporation des professionnels de la science. Ceux, universitaires, chercheurs, etc. qui socialement peuvent prétendre que leur propos est scientifique. Même, précisément, quand ils produisent de l’idéologie.

Le jour où l’on dispose d’une science de type III on peut, simplement en s’appuyant sur des concepts ou des oppositions conceptuelles fondées  expérimentalement par la science de type III, proposer un raisonnement qui, sans s’embarrasser de ces méthodes, se pose à un niveau de scientificité supérieur à la totalité des productions de type II. En d’autres termes, n’importe quel ouvrage de vulgarisation sur la chimie dispose d’un niveau de scientificité supérieur à la totalité des productions de l’alchimie.

Je le démontre et l’illustre dans mes livres en ayant choisi, délibérément, l’indiscipline à la fois méthodologique et corporatiste pour m’adresser à un lecteur ouvert et libre vis-à-vis duquel, par contre, je ne cède pas sur la validation expérimentale des articulations conceptuelles sur lesquelles s’appuie mon raisonnement. Ceci permet, en toute simplicité, à mon propos de se situer à un niveau de scientificité supérieur à celui de la totalité des sciences sociales, soit à ceux qui font, avec méthode, métier de les produire. Voila ce que signifie, le passage des sciences de type II aux sciences de type III. Dans le raisonnement, le concept (de type III) disqualifie la méthode (de type II). En permettant d’atteindre un niveau de pertinence plus élevé.

Cela ne dispense pas, évidemment, les chercheurs de type III qui produisent expérimentalement ces concepts de le faire en respectant la méthodologie expérimentale (qui ne se réduit pas à la méthodologie descriptive des sciences sociales).

Grace à quoi, j’aborde des sujets aussi essentiels que la science ou la religion en prétendant en remontrer aux doctes, de type I et II, qui en font jusque là leur chasse gardée. Je n’y revendique aucun mérite, j’ai simplement rencontré avant eux une science de type III.

Cela dit, au lieu de se draper dans les lieux communs, préjugés, des sociétés contemporaines, sous prétexte qu’ils sont institués, nos doctes auraient pu essayer de penser, de réfléchir, de comprendre. Evidemment, il est plus facile et plus confortable de faire carrière en tant que docteur de l’académie plutôt que d’être le découvreur qui révolutionne l’académie. Celui-ci ne jouit bien souvent qu’à titre posthume, le jour où le tout monde a oublié les docteurs qui étaient ses contemporains.

N’étant pas fondateur de cette science de type III, plus modestement, par mon indiscipline j’amorce sur les sujets qui me semblent essentiels, une science appliquée, sans attendre l’échafaudage académique qui va la soutenir. Ce que faisant, je créée un métier qui me tient à cœur, celui d’ingénieur en civilisation. Et j’estime que cela passe par le fait de proposer au citoyen des sociétés modernes une manière moderne de penser sa société. Pour refaire le monde, on doit proposer au citoyen qui y vit une autre manière de le penser. Voilà pourquoi j’écris pour le citoyen, pas pour l’académie.

Enfin, puisqu’il est ici question de méthode, nous allons dans les pages suivantes découvrir à quoi nous en tenir sur la méthodologie des dites sciences sociales, en même temps que sur la pertinence des chercheurs qui avec elles formatent ceux qui nous gouvernent… Nous allons ainsi découvrir l’écart très concret qui sépare l’empirie de l’ingénierie.

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écrit par Adrien Morel \\ tags: , ,

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