3-Une prise de position athée

Il est maintenant devenu évident, pour la plupart d’entre nous, je crois, que ne plus y croire ne suffit ni à faire disparaître la religion, ni à régler les problèmes qu’elle soulève.

Voila pourquoi il m’a paru important et même nécessaire aujourd’hui que les athées reprennent position sur le terrain de la religion.

Je pense que cela a été une erreur de l’athéisme que de tout laisser en plan et d’aller voir ailleurs. Une erreur historique, mais qui n’est pas dramatique. C’est comme ça qu’on avance historiquement. On va dans un sens et quand on réalise qu’on s’est trompé, ou qu’on est allé trop loin, on rectifie. Depuis quelques années, la société occidentale s’est rendue compte qu’elle est allée trop loin et elle essaie de corriger le tir.

On parle donc beaucoup de religion.

Mais on en parle mal. Parce qu’on se contente de réactiver d’anciennes positions. Entre ceux qui croient et ceux qui ne croient pas.

L’intégrisme déploie ses bannières et ses hauts parleurs. Et accessoirement ses explosifs. Et les athées -en tout cas en France- se cramponnent comme ils peuvent à la loi de séparation de l’église et de l’état. Qui n’était plus un souci depuis un siècle.

Le problème reste mal posé et tant qu’on ne le posera pas convenablement on ne pourra pas progresser vers sa résolution.

Nous devons donc reprendre la question de la religion et redéfinir la manière de l’aborder à l’endroit où l’athéisme s’est arrêté. Nous devons reprendre le problème à l’endroit où l’ont abandonné les philosophes des lumières, au dix huitième siècle. Parce que depuis rien n’a bougé.

Les athées ne peuvent plus, en définitive, se contenter d’abandonner le terrain de la religion à ceux qui y croient. Les athées doivent produire une conception athée de Dieu et de la religion.

– Au nom du rationalisme, les philosophes des lumières ont cessé de croire à la religion.

– Au nom de ce même rationalisme on doit aujourd’hui reprendre le flambeau, reprendre le problème à l’endroit où il a été laissé en plan et reprendre pied sur le terrain religieux.

Nous devons, en particulier, rendre compte dans des termes athées, ce qui n’a pas été fait jusqu’à présent, de la religion et des phénomènes qui la constituent. Ne serait ce que pour pouvoir opposer aux intégristes une autre conception que la leur, une autre interprétation de Dieu et de la religion.

L’athée a à y gagner une morale, une spiritualité et une légitimité de ses prises de positions politiques.

Et quand je parle d’athée, je rappelle que je me situe dans une perspective œcuménique. L’époque n’est plus à l‘affrontement entre les croyants et les non croyants.

Cette époque est révolue. On a déjà donné. C’est un vieux problème. Ou une vieille, une ancienne, manière de poser le problème.

L’époque au contraire est à la production d’une position commune qui permettra aux uns et aux autres, croyants et non croyants, de participer et de contribuer, ensemble, à l’avenir de la civilisation.

L’époque est celle d’un dépassement de l’affrontement et d’une réconciliation sur une perspective commune. C’est en cela qu’il y aura un progrès.

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