6-La religion ne va pas disparaitre, elle est en train de muter

Le problème actuel se pose depuis que l’homme ne croit plus, ou depuis qu’une partie de l’humanité, ne croit plus dans la religion. Plus de religion, plus de sens. Pendant quelques décennies, certains ont cru pouvoir trouver un sens dans l’histoire. Mais ils l’ont perdu aussi.

L’humanité est donc désemparée. Les plus faibles d’entre nous s’empressent de retourner se réfugier dans les vieilles solutions. Les solutions mortes, les anciennes croyances. On réactive et on réchauffe les formes les plus archaïques de la religion. Cela ne résout rien, mais ça rassure. Au moins ceux qui s’efforcent d’y croire. Par contre ces solutions mortes ne font pas avancer l’humanité, elles ne permettent pas à la civilisation de progresser, de dépasser sa crise actuelle. Au contraire elles plombent la civilisation, la tirent vers le bas, la tirent en arrière. Cela représente un danger pour le monde.

Face à ce danger, je vous propose un parti pris résolument optimiste. Tout au long de son histoire l’humanité a rencontré des crises. Elles les a toujours résolues et dépassées.

Le problème c’est qu’on comprend ce qu’on vit, souvent, après coup. Ce sont les historiens qui analysent ce qui s’est passé et comprennent la logique, ou les logiques, qui se sont déployées entre une situation de départ et une situation d’arrivée. Les contemporains, d’une époque historique quelconque, n’ont pas ce recul, n’ont pas cette lucidité. Nous vivons actuellement une crise particulière et je crois que c’est en la comprenant que l’on va en sortir.

Donc, si je me situe sur le terrain de la religion, c’est parce que je considère que la crise est religieuse. Au sens large : on a perdu le sens. Sens que, depuis qu’il est humain, l’homme est allé chercher dans la religion. La solution sera donc religieuse. Au sens large : nous allons devoir retrouver du sens.

Le problème du sens n’est qu’une panne de légitimité. Les beaux esprits rationalistes ont cessé de croire au surnaturel, or toutes les religions du monde fondent leur légitimité dans le surnaturel. Plus de surnaturel, plus de légitimité.

Sans cette légitimité surnaturelle, les religions deviennent des productions humaines. Des œuvres humaines.

Ont-elles pour autant perdu leur pertinence ? Leur richesse, leur sagesse. Ont-elles disparu pour autant ? Ont-elles cessé, pour autant, d’être une accumulation fantastique de réflexions morales, de chemins spirituels ? Une connaissance et une compréhension de l’homme, capitalisée au cours de l’histoire ? Non.

Par contre cette connaissance, cette sagesse, cette spiritualité, capitalisée, est humaine et n’est qu’humaine.

La première et principale conséquence est qu’elle n’a plus aucune raison d’être figée. D’être arrêtée.

De mon point de vue la principale erreur des athées en cessant de croire au surnaturel a été de jeter la religion, alors qu’au contraire il s’agissait de la remettre en route.

Si la religion n’est pas d’origine surnaturelle, alors elle est historique. Et on peut la remettre en route dans l’histoire. La faire évoluer, en particulier sur ses positions morales. Je ne vais pas refaire la liste : le mariage, la virginité et l’avortement, etc.

Mais on remet la machine en route dans la religion, pas dehors. Il ne s’agissait pas de se débarrasser de la religion, mais de changer son statut.

En invalidant son origine surnaturelle, non pas d’invalider la religion, mais d’accepter son statut de production humaine. Avec toutes les conséquences que l’on pouvait en déduire.

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