8-Sciences et histoire

Je profite de l’occasion pour rappeler également le caractère historique des sciences elles même :

– Les disciplines scientifiques naissent dans l’histoire, évoluent, se scindent ou se recombinent, mais ne représentent jamais qu’une vérité provisoire.

Ou plus exactement une manière provisoire pour l’homme de se représenter et de comprendre le monde. La science ne décrit pas le monde, la science décrit la façon dont l’homme, provisoirement, se représente le monde.

– Un  autre aspect de ce caractère historique de la science est qu’elle n’est pas achevée. C’est une illusion d’optique de confondre définitivement la science avec ce que nous en connaissons aujourd’hui. Nous devons avoir la lucidité d’admettre que nous n’en connaissons qu’un état provisoire. Donc susceptible d’évoluer. Même si nous ne savons pas dans quelles directions.

Ne serait-ce que parce qu’il reste encore dans la religion des morceaux, des secteurs, qui n’en ont pas encore été arrachés par la science. D’autres disciplines à venir pourront y trouver leur objet.

Revenons à ce qui s’est passé à la Renaissance. Bacon a arraché la nature à la théologie. Il a ainsi rendu possible le développement des sciences de la nature. Mais il y avait un reste.

Dans la théologie une fois que l’on en retirait la nature, il restait quelque chose. Qui a été perçu comme un au delà de la nature. Et qui a reçu, à ce titre, le nom de surnature. Le domaine du surnaturel.

A la Renaissance, le monde a été ainsi partagé entre la nature et la surnature.

Et la connaissance de ce monde a donc été, également, partagée : entre la physique et la métaphysique.

– La physique, traitait de la nature. Elle contenait en germe ce qui est devenu nos sciences naturelles.

– A l’autre, la métaphysique, on a attribué la surnature. La surnature est le territoire de ce qui est au-delà de la nature.

Les penseurs de l’époque y ont donc logé à la fois les « essences » philosophiques et le surnaturel religieux. Tout ce qu’on ne pensait pas trouver dans la nature, tout cela relevait de la métaphysique.

Avant la Renaissance nature et surnature n’étaient pas dissociées. Ou plus exactement, même si les termes existaient, ils ne se définissaient, en tout cas, pas de la même manière et n’entraient pas dans ce système d’opposition, dont nous avons hérité et dans lequel nous sommes toujours enfermés aujourd’hui.

Ce système qui permet de définir :

– d’un coté, la nature. C’est-à-dire tout ce qui relève de la physique.

Le mot physique n’avait pas le même sens qu’aujourd’hui. Il recouvrait de manière générique l’ensemble de nos actuelles sciences de la matière et de la nature : physique, chimie, biologie, etc. qui se sont constituées et autonomisées ensuite successivement.

– Et de l’autre coté donc : la surnature. C’est-à-dire l’ensemble de ce qui relevait de la métaphysique.

Ce système, nous en avons hérité. Avant la Renaissance, l’ensemble relevait de la même et unique théologie.

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